Le M.A.A(mouvement arabe de l azaouad)

Mouvement arabe de l’Azawad
Le Mouvement arabe de l’Azawad (en arabe : الأزوادية العربية الحركة) (MAA) est un mouvement politique et militaire arabe actif dans le nord du Mali et formé le 1er avril 2012 pendant la Rébellion de 2012. Il prend initialement le nom de Front de libération nationale de l’Azawad (FLNA) avant d’être rebaptisé vers la fin 2012. Il réclame « une large autonomie pour le nord du Mali[4]. » À partir de 2013 et surtout de 2014, le mouvement est fragilisé par une séparation entre deux tendances, l’une alliée aux rebelles du MNLA et du HCUA, et une autre, appelée le MAA loyaliste, fidèle à l’État malien.

Création

Le Front de libération nationale de l’Azawad (FLNA) est créé le 1er avril 2012 à Tombouctou. Selon Mohamed Lamine Sidad, secrétaire général du FLNA, le mouvement est opposé à l’indépendance de Azawad et à l’instauration de la charia, il réclame « le retour à la paix et l’activité économique ». Le FLNA parvient à rassembler environ 500 combattants et 800 véhicules selon ses déclarations et forme un état-major commandé par Housseine Khoulam, un lieutenant-colonel ayant déserté l’armée malienne. Le 26 avril, le FNLA prend le contrôle d’une partie de la ville de Tombouctou, mais sommé par Abou Zeid, d’AQMI de quitter les lieux, il se replie sans livrer de combat le 29 avril.
Vers la fin 2012, le FNLA change de nom et devient le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA).

Organisation

Le secrétaire général du mouvement est Sidi Ibrahim Ould Sidatt l’ancien maire de la localité de Ber.

En décembre 2012, l’organisation se compose d’un conseil exécutif, un conseil consultatif et un état major. L’exécutif est dirigé par un secrétaire-général.

Directeur de l’état major : Colonel Housseine Ould almoctar dit Ghoulam (transfuge de la garde nationale du Mali)
Secondé par le Colonel Sidamar Ould Mohamed dit « Algour » et le Commandant Moulaye Abi (transfuges de l’armée malienne)
Secrétaire aux relations extérieures : Mohamed Ould Ramadane
Effectifs

Début 2013, le MAA revendique 500 combattants. En mars 2016, un rapport de la MINUSMA estime que la branche du MAA intégrée dans la CMA, compte entre 500 et 1 000 hommes, tandis que le « MAA loyaliste », intégré dans la Plateforme, compterait 2 000 hommes, dont 1 500 à Bourem et Tabankort et 500 à Lerneb.

Actions

Le MAA se revendique laïc, non-terroriste et ayant pour principal objectif de défendre l’intérêt des populations arabes du nord Mali. Il se dit prêt à « collaborer avec la France contre le terrorisme, le narco-trafic ainsi que le crime organisé[4]. »

Aux alentours du 2 janvier 2013, Ansar Dine et AQMI proclament qu’aucun groupe non islamiste n’a désormais le droit de détenir une arme au nord du Mali. À In Farah, les combattants du MAA sont désarmés par les jihadistes et leurs véhicules saisis.

En décembre 2012, le MAA déclare avoir « de très bons rapports » avec le MNLA malgré « des petites divergences »[3]. En février 2013 cependant la situation entre les deux mouvements autonomistes dégénère. Le 23 février, le MAA attaque le mouvement touareg du MLNA dans la localité d’El Khalil. Le mouvement arabe reproche à ses nouveaux adversaires d’avoir saisi tous les véhicules des Arabes, vidé les commerces et violé les femmes.
Le MLNA accuse de son côté le MAA de s’être allié au MUJAO et qu’il n’y a pas ou plus de réelle distinction entre les deux groupes. Cela est contesté par Salem Béghi, officier du MAA, lequel déclare en mars 2013 : « il y a quelques mois, de violents combats nous ont opposés aux terroristes d’AQMI et du MUJAO et nous en avons tué 37 parmi eux. Nous avons toujours combattu les organisations terroristes qui sévissaient au nord du Mali. Nos premiers combats contre eux ont commencé en 2007. »

Cependant à la suite de l’intervention militaire au Mali, des Arabes du MUJAO comme Mehry Sidahmar, dit Yoro Ould Daha, chef de la brigade de sécurité du MUJAO à Gao, changent de camp pour passer au MAA,. Les commerçants arabes de Gao liés au trafic de drogue passent également au MAA après avoir été les bailleurs du MUJAO.

Le 24 février, lendemain de la bataille d’El Khalil, In-Farah, base du MAA, est bombardée par l’aviation française. Boubacar Ould Taleb, un de ses représentants dénonce cette intervention : « Pourquoi les Français nous bombardent ? Pourquoi prennent-ils parti pour le MNLA ? » Il affirme que 4 combattants sont blessés et que cinq véhicules ont été détruits.

Le 21 avril, le MAA s’empare de la petite ville de Ber, au nord de Tombouctou après un combat contre le MNLA. Il abandonne cependant la ville quatre jours plus tard. Le 17 mai, ils attaquent Anéfif, également tenue par la MNLA, mais ils sont cette fois repoussés.
En juin, le MAA participe aux négociations de Ouagadougou. Le MNLA, le HCUA et le MAA tentent de se réconcilier. Le 8 août, les trois mouvements publient une déclaration commune où ils recclament l’autonomie des peuples de l’Azawad. Cependant un combat éclate le 14 août à Bordj Badji Mokhtar, en Algérie opposant des Arabes Berabiches et des Touaregs Idnanes. Des hommes du MAA et de MNLA prennent part à ces affrontements, la base du MAA à In Farah est notamment attaquée et quelques hommes sont tués. Le 18 août, le MNLA, le HCUA et le MAA condamnent officiellement les violences de Bordj Badji Mokhtar.

En mai 2014, des combattants du MAA participent avec le MNLA et le HCUA à la prise de contrôle de la ville de Kidal contre l’armée malienne

Bataille d’Anéfis (2014) et Bataille de Tabankort.
Le MAA se divise en deux tendances, l’une pro-gouvernementale menée par Ahmed Ould Sidi Mohamed, l’autre indépendantiste menée par Sidi Brahim Ould Sidati. Le 24 mai, des affrontements éclatent à Tabankort, dans la région de Gao. Les circonstances de ce combat sont peu connues. Dans un communiqué, le MNLA parle d’une embuscade tendue par des combattants MUJAO contre les « forces de l’azawad ». Selon les sources de RFI, il s’agit plutôt de violences inter-communautaires entre deux fractions du MAA, l’un plus proche du pouvoir malien et l’autre alliée au MNLA qui lui aurait apporté son soutien pendant l’affrontement[30]. Les affrontements se poursuivent en juillet dans les environs d’Anéfis et de Tabankort, faisant plusieurs dizaines ou plusieurs centaines de morts.

Selon RFI, cette division trouverait ses origines dans la bataille d’El Khalil : « L’enjeu est un règlement de compte : les Arabes veulent se venger des pillages en règle qu’ils ont subis début 2013 à El-Khalil. Ils accusent des groupes touaregs d’avoir saccagé leurs entrepôts, leurs garages et pillé leur réserve dans cette ville à la frontière de l’Algérie, zone de transit et de trafic : ils estiment le montant du pillage à 20 millions d’euros. À l’époque, le MNLA se défendait en assurant avoir démantelé sur place une arrière-base du Mujao. Depuis, une branche du MAA a signé un accord avec le MNLA et se retrouve aujourd’hui à ses côtés à Alger. Mais un groupe dissident arabe a refusé le compromis et entend toujours obtenir réparation ».

Une branche du MAA se sépare finalement du mouvement et le 30 août 2014, elle annonce la création du Mouvement populaire pour le salut de l’Azawad (MPSA).

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