Taoudéni ( la cité de l’or blanc)

Taoudéni est l’une des localités du nord du Mali.Elle fut créée en 1600 par les Berabiches .Elle est à 750 km au nord de Tombouctou. C’est le fief et la bastion de la population arabes du Nord-Mali.En février 2017,elle fut choisie à l’unanimité par les représentants d’une cinquantaine de tribus arabes du Nord-Mali présents à Tombouctou,comme la capitale de la neuvième région administrative du Mali. La nouvelle région qui est une fenêtre panoramique ouverte sur le plein désert, a été tout au long de la longue et riche histoire de ses vieilles métropoles de savoir, un berceau de brillantes civilisations, une terre d’accueil , d’hospitalité, et de rencontres.

Cette Région, la 9ème du pays, est constituée de six cercles (Taoudéni, Araouane, Boudje-Béha, Achouratt, Al-Ourche, Foum-Al ilba) et de 30 arrondissements.

Elle couvre une superficie de 323 326 km² pour une population globale estimée à 134 OOO habitants, composée essentiellement les Tribus Berabich Arabes,des Harratins, de Touareg, et de Sonrais.

Elle est très connue par les caravanes de sel qui est plus exercer par les Berabiches entre Taoudenni et Tombouctou.

Elle est limitée à l’est par les Régions de Kidal et de Gao, au sud par la Région de Tombouctou, à l’ouest par la Mauritanie, au nord par l’Algérie. Le premier gouverneur de cette nouvelle région de Taoudéni est le Docteur Abdoulaye ALKADI et le deuxième est le général Abdarahmane ould Meïdou.

Histoire

Le passé de la région de Taoudéni n’est connu qu’à travers la tradition orale de berabiches et les récits de quelques chroniqueurs arabes et européens comme (Paul Marty,Barth,Lenz).

Voici ce que dit l’écrivain colonial Paul Marty à propos de Taoudéni:((Taoudenni est née des entreprises marocaines contre Teghazza. Jusqu’à la fin du seizième siècle, c’est Teghazza en effet qui est le centre de l’exploitation saline à l’usage des populations soudanaises. Déjà sous le régime de l’askia Ishâq, rapporte le Tarikh es-Soudan, les mines de Teghazza avaient fait envie à Moulay Ahmed le Grand, sultan du Maroc. Mais l’ordre de les lui livrer, qu’il envoya à l’askia, ne lui valut que des représailles et un pillage méthodique de la région de Darat. Son successeur, Moulay Ahmed le Dzehebi, eut plus d’adresse et se fit céder les mines pour un an, moyennant un fort cadeau à Paskia Daoud (vers 1878)5

De ce point, il put se procurer facilement les premiers renseignements, nécessaires à l’expédition qu’il projetait sur Tombouctou et qui, après deux ou trois tentatives, devait se réaliser. En 1 585, les Marocains ayant occupé Teghazza, l’autorité songaï de la boucle défendit les azalaï sur cette ville. On chercha alors du sel un peu partout et on en trouva à deux jours au sud de Teghazza : à Taoudeni. On s’y installa aussitôt. Taoudeni est sis dans un des pays les plus effroyablement désolés de la terre. Il n’y à pas un brin de végétation, ni de bois à plus de i5o kilomètres à la ronde ; l’eau est extrêmement rare dans la région et ne se rencontre qu’aux puits même de Taoudeni, ou d’ailleurs, si elle est abondante, elle est fort mauvaise. On ne brûle que les crottes de chameau séchées, laissées sur place par les chameaux des azalaï. C’est le seul et indispensable moyen de chauffage et de cuisson des aliments. Sise dans une dépression à 5o mètres à peine au-dessus du niveau de la mer, Taoudeni est des points les plus chauds du globe. Pendant neuf mois de l’année, la température est absolument insupportable.

L’agglomération comprend deux petits kçour d’une vingtaine de maisons, dits Smaïdi. Les mineurs vivent dans les mines mêmes : Agorgat, etc., sises à 3 ou 4 kilomètres de là. Ils s’y abritent dans des cases faites avec des barres de sel même, suivant une coutume que signalait déjà Hérodote, il y a trente siècles.

Les propriétaires des mines sont absolument à la merci des Berabich et autres transporteurs de sel. Ceux-ci passent des contrats pour le transport de la mine aux villes du fleuve Tombouctou, Rergo, Bamba, et sont payés en nature. Leur salaire est ordinairement de 5 barres de sel sur 6 transportées, et va quelquefois jusqu’à i3 barres de sel sur 14 transportées. Il reste peu de chose au propriétaire.
Il est vrai que les risques sont grands et que chaque année un certain nombre de chameaux sont fournis par les caravanes, et un bien plus grand nombre encore enlevés par les rezzous. Or les risques sont naturellement à la charge du transporteur. Et d’ailleurs la situation économique générale n’en souffre pas ; il importe peu que ce soient les transporteurs ou les propriétaires qui mettent le sel sur le marché. Taoudéni au contraire sourire de cet état de choses. En effet l’équivalent en vivres et vêtements de cette unique barre de sel, sur 6 à 14 enlevées, est fort peu de chose. Si l’on en retranche encore k gain que prend pour lui le propriétaire, qui ne réside pas à la mine, il ne reste plus rien, et c’est cette quantité infime de nourriture qu’à l’aller les caravanes berabich portent aux travailleurs de Taoudéni. Quant à la viande, soit fraîche soit boucanée, elle est à peu près invisible ; la chose est difficilement remédiable, pour la viande sur pied, puisqu’on ne peut pas entretenir de troupeaux vivants, mais il serait facile d’approvisionner d’une façon régulière la ville en viande de bœuf, de girafe ou de chameau boucanée.

En résumé, les gens de Taoudéni sont toujours à la veille de mourir de faim, et les rares denrées qu’on trouve sur le marché sont hors de prix. Chaque année, on a à signaler la mort d’inanition ou de misère physiologique de plusieurs individus. En certaines années, où l’insécurité publique avait empêché le départ des azalaï, les habitants de Taoudéni n’ont pu être sauvés qu’à la dernière extrémité.

Voici un résumé de la mercuriale sur le marché de
Taoudéni en temps normal :

5 francs valent 4 ou 6 barres de sel
1 pièce de guinée 4 ou 6 —
Un moudd de 3 kilog. de riz 2 —
Un kilo de sucre 10 —
Deux litres de beurre 4 ou 8 —

Un mouton 8 —

Un bourriquot 3o ou 32 —
Un bœuf séché ou la même quantité de
girafe 12
La meilleure solution serait évidemment que les propriétaires ou les exploitants des mines transportent eux- mêmes leur sel, au moins partiellement. Ils ravitailleraient ainsi facilement et abondamment leurs ouvriers : malheureusement ils n’ont pas de chameaux, et au surplus le nomadisme caravanier n’est pas leur fait. Il ressort de là que les travailleurs du sel, fort mal entretenus, surtout ceux des Tadjakant, ne restent là que par force et en leur qualité de captifs. L’application de nos règlements sur la liberté individuelle entraînerait l’évacuation immédiate de la ville, et la ruine du commerce du sel, qui est la principale denrée du trafic de la boucle, et qui au surplus est indispensable aux populations blanches ou noires. La population varie suivant les époques, entre 125 et 200 personnes. Plus nombreuse avant l’arrivée de l’azalaï, elle diminue après leur départ.

En voici le recensement en fin décembre 1912.

A l’arrivée de l’azalaï :
Hommes io3, dont 65 ouvriers mineurs
Femmes 3g —
Garçons 9 —
Filles 19 —
Total. … 170
Au départ de l’azalaï :
Hommes 70, dont 5o ouvriers mineurs

Femmes 37 —
Garçons 8 —
Filles 19 —
L’ouvrier extrait environ 3 barres tous les deux jours.
Il y a deux azalaï par an : celui d’hiver : décembre- janvier; celui d’été : mai-juin. Chaque azalaï enlève une moyenne de 3o.ooo barres.Taoudéni, souvent visité par nos détachements de

méharistes ou par l’administrateur de Tombouctou, qui accompagne généralement les azalaï, a été occupé en 1912- 191 3 par un petit détachement de tirailleurs, sous les ordres d’un sous-officier. Il a dû être évacué par suite de souffrances matérielles et morales vraiment trop grandes que la garnison eut à supporter, et qui entraînèrent un énorme déchet. ))

L’azalaï

Les chameliers quittent Tombouctou, se rendent dans le lit d’un ancien lac salé à Taoudéni pour y extraient du sel gemme sous forme de barre ou de latte. Ils chargent des barres du sel gemme sur des chameaux et commencent une longue marche de Taoudéni jusqu’au fleuve Niger au cours de laquelle, la caravane, de passage, vend du sel dans les marchés des différentes localités. Cette caravane, appelée la caravane de L’Azalai serait une culture ancestrale spécifique aux arabes de Taoudéni et de Tombouctou. Après ce long trajet jusqu’au fleuve Niger, les chameliers troquent le reste des barres de sel contre le mil, le riz et autres dans le pays dogon. C’est ce qui explique le lien entre les Berabich de l’Azalai et les paysans dogons depuis des siècles…

Taoudéni est aujourd’hui l’espoir de chaque berbouchy du Nord-Mali. Sa construction et sa sécurité à tout prix, est la priorité et le souhait de chaque berbouchy du Nord-Mali.

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